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Cartier-Bresson, le photographe décisif
La Bibliothèque nationale de France, à Paris,
organise du 30 avril au 27 juillet une rétrospective de ce grand
artiste du XXe siècle. Dans un entretien au "Monde", ce jeune homme
de 95 ans, "toujours prêt à déguerpir", retrace son aventureuse
carrière et livre ses conceptions esthétiques.
Assis dans son salon, Henri Cartier-Bresson a devant lui un verre
de blanc et un carnet de dessins. L'œil est toujours bleu lumineux, le foulard
rouge est noué autour du cou. La fenêtre surplombe un jardin des Tuileries éblouissant.
Comment va ce jeune homme de 95 ans ? "13/8 !",
répond-il d'une voix forte.
Tension impeccable. Un
des grands photographes et artistes du XXe siècle, l'inventeur de "l'instant
décisif", mariage stupéfiant de géométrie maîtrisée et de vie débordante,
est à découvrir dans une rétrospective fleuve à la Bibliothèque François-Mitterrand
et dans un livre épais, sous le titre De qui s'agit-il ?.
Nous l'avons rencontré un jour de manifestation contre la guerre en
Irak. Il qualifiait l'Amérique de Bush de noms d'oiseaux. Ça l'a démangé d'attraper
son Leica et d'en découdre. "Je n'ai pas fait de photos dans la rue
depuis une éternité. J'ai un appareil au coffre. Je le sors pour faire un portrait
de temps en temps. Mais le trottoir, c'est une autre histoire..." Une
histoire qu'il a quasiment abandonnée depuis 1975 pour se consacrer au dessin.
"Le portrait, saisir un sourire fugace, c'est ce que j'aime encore faire.
Je prends encore du plaisir à regarder la tête de Bonnard, pour qui j'ai une
passion. Carson McCullers, Truman Capote avec qui j'ai voyagé. Je suis vieux,
j'ai connu beaucoup de monde. Montrer la psychologie du personnage ne veut rien
dire pour moi. Je parle peu - pourquoi parler avec Matisse ? Je tire,
voilà tout. Pour le couple Joliot-Curie, il y avait une plaque devant la porte :
"Entrez sans frapper." Je suis entré. Avant de les saluer, j'ai tiré.
Il ne faut pas être trop poli. Ils ont un visage dramatique. Ils en savaient
trop long sur la réalité du monde. C'est un portrait terrifiant. La position
des mains... Je ne peux pas regarder cette photo trop longtemps. Il y a d'autres
portraits, heureusement, qui sont la volupté même."
On évoque l'exposition et, comme à son habitude, Cartier-Bresson,
dit HCB, adopte l'attitude du dandy détaché, de l'"anguille frétillante"
(son surnom aux scouts) qui prend la poudre d'escampette dès qu'on veut
l'inscrire au Panthéon : "Quelle exposition ? A la Bibliothèque
nationale ? C'est un peu prétentieux, non ?
- Mais c'est quand même important de...
- De dessiner, oui ! Très ! Le dessin est une joie.
Les enfants dessinent merveilleusement. Après, ça devient un labeur. Copier
est aussi très important. Alberto Giacometti copiait énormément. Ça permet de
comprendre. Je pense souvent à Alberto. Je le place très haut. Quelle intelligence !
Le seul différend entre nous est que je me couchais de bonne heure, alors que
lui vivait la nuit. Il faisait la foire."
Il montre le carnet de dessins qu'il vient de terminer. Des nus au
crayon, des portraits. "Bon Dieu, c'est autre chose que la photo...
La photographie est un instrument. Il ne faut pas en dire du mal, je mange ma
croûte avec, mais elle ne m'a jamais préoccupé. J'aime en faire, c'est différent.
Le dessin implique une participation totale. En photographie, il y a beaucoup
de styles semblables. Regardez autour de vous, dans cette pièce. Vous ne voyez
pas une photo sur les murs, que des dessins et peintures. La photo se regarde
dans les livres, pas au mur."
Il y a néanmoins, dans la bibliothèque, une photo complice de lui
avec le dalaï-lama. Son attachement au bouddhisme. Plus haut sur les rayons,
un portrait du grand sage indien le baghwan Sri Ramana Mahareshi, très affaibli
par le cancer. "Il transgressait sa souffrance. Je vois encore un gamin
surgir à vélo pour m'annoncer que le baghwan était mourant. J'ai alors vu une
boule de feu traverser le ciel. Le temps s'est arrêté. Et à la seconde où elle
s'est abattue au pied de l'ashram de Tirivunamalai, il est mort." HCB
raconte encore le jour où il a montré à Gandhi son portrait de Claudel devant
un corbillard : "La mort, la mort, la mort...", avait
réagi le Mahatma. Vingt minutes plus tard, Gandhi était assassiné. "En
Inde, on est éveillé au monde des coïncidences. C'est un pays pour la photographie.
Je me souviens du bûcher de Gandhi. La foule était comme une eau en furie qui
m'emportait."
Cartier-Bresson a construit sa vie mouvementée comme une œuvre d'art.
Une voyante lui avait prédit qu'il ne s'ennuierait pas. L'artiste saisit le
gros album qui lui est consacré et tourne les pages, pendant trois heures, bondissant
sur les images pour raconter. Il donne le ton : né à Chanteloup le 22 août
1908, mais "conçu en janvier à Palerme", en Sicile. Aucun diplôme,
mais une culture immense, ayant dévoré Proust, Joyce, Lautréamont, Chateaubriand,
Saint-Simon. La formule d'Anatole France lui va comme un gant : "Comme
je n'étudiais rien, j'apprenais beaucoup."
"Je suis un grand bourgeois, issu d'une famille de cathos
de gauche. Les gens de droite sont ceux qui ont boulotté notre usine textile.
Moi, je voulais voir ailleurs. Je votais communiste. Que pouvait-on voter d'autre
dans les années 1930 ? Je ne militais dans rien du tout. Ce n'est
pas facile de vivre dans deux mondes. Quand le peintre Jacques-Emile Blanche
m'a présenté à Gertrude Stein pour lui montrer mes photos, cette dernière m'a
répondu : "Jeune homme, vous feriez mieux de rentrer dans les affaires
de textile de votre famille." Blanche a avalé son dentier et m'a emmené
au salon de Marie-Louise Bousquet, qui jouait un rôle important dans le monde
politique et académique. J'ai toujours été en marge. Sur les photos de classe,
puis sur celles de captivité, je me place sur le côté, prêt à déguerpir. Chez
les surréalistes, je suis en bout de table - le surréalisme, c'est d'abord
pour moi de la littérature. Chaque fois, je n'ouvre pas la bouche, je regarde
les gens, ça me suffit. En fait, j'ai toujours détesté les cases. Je n'ai qu'une
médaille, celle des évadés de guerre. Je militais à travers mes photographies."
Il y a dans le livre ce qui est considéré comme sa première photo,
un instantané sur une plage de Dieppe, en 1926, réalisé "avec un Brownie
Box, sans doute accompagné d'André Pieyre de Mandiargues", et une des
plus récentes, un calme paysage de Provence, en 1999. Un alignement d'arbres.
"Autrefois, on plantait le peuplier à la naissance d'une
fille, et, quand elle avait vingt ans, le bois lui servait de dot."
Cartier-Bresson étudie la peinture en 1927-1928, chez André Lhote.
"J'ai appris dans son atelier la géométrie et le sens de la forme. Il
n'était pas bon peintre, il manquait de sensibilité. Mais il était bon professeur.
Une analyse de Cranach par Lhote, c'était formidable. En même temps, la géométrie
ne s'enseigne pas vraiment. Il faut fréquenter le Louvre. La géométrie et la
structure de l'image ont toujours été à la base de mon travail. Le reste, c'est
du sentiment. C'est tout de même une joie de "tenir" le cadre. C'est
un rapport de formes, pas tant la lumière. 3,14116, c'est la mathématique, le
nombre, c'est Dieu le Père ! Pourtant je suis athée ; le bouddhisme
est athée."
Il bouge sa tête, cherche du regard dans la pièce un cadre parfait.
"Là, ça va ; là, ça ne va plus." Il s'arrête sur une de
ses images célèbres : deux hommes, sans doute des marginaux, allongés sur
l'herbe, à Marseille, en 1932. Avec son index, Cartier-Bresson frôle la page.
Il figure les lignes diagonales des corps qui structurent l'image. "Il
ne faut pas vouloir. C'est le pifomètre. L'œil doit être disponible. Le corps
doit être tendu, pas mollasson. Bon, mon père dessinait et mon oncle était peintre."
A la géométrie, Cartier-Bresson ajoute un point fondamental qui va
définir son esthétique. "La forme sans le sujet et sans la vie, ça ne
marche pas. Ce sont deux choses différentes, mais pas si éloignées. Regardez
ce portrait de James Joyce par Berenice Abbott. Ce qui me plaît d'abord, c'est
que j'y vois Ulysse, la traduction de Larbaud. Je repense à mes trois ans
de captivité, en Allemagne, en 1940. Quand j'ai réussi à m'évader, à la troisième
tentative, autant que je me souvienne, j'avais Ulysse sous le bras." Il
ajoute : "La photo, c'est un truc de témoignage. Un rapport à la
réalité. Quelque chose qui permet aussi de communiquer, de faire passer des
idées. J'ai réalisé un album, au milieu des années 1930, avec des images que
j'ai tirées pour convaincre Jean Renoir de me prendre comme assistant. Ça a
marché."
Partir à l'aventure est aussi le meilleur moyen de se préserver des
"poncifs académiques" de photographes comme Weston ou Steichen
et du "maniérisme de notre époque". Il dit préférer "le
genre voyou, le mien". C'est la raison pour laquelle il admire Walker
Evans (1903-1975). Ce dernier, expert en méchancetés, a dit un jour : "Les
seuls photographes qui ont su tracer une voie entièrement nouvelle sont moi-même,
Henri Cartier-Bresson et Helen Levitt." La formule fait sourire HCB :
"J'aime beaucoup Walker Evans, sa liberté et sa vitalité. Il y a une
photo d'une femme au chapeau qui se retourne ; elle m'a beaucoup appris."
Cartier-Bresson a mis sur le papier, une bonne fois pour toutes, ses
convictions esthétiques, en 1952, dans le livre Images à la sauvette (édité
par Tériade pour Verve), devenu The Decisive Moment pour l'édition américaine,
avec un papier découpé de Matisse en couverture. Comprenant 126 images et un
long texte, ce monument de la photographie va influencer des générations entières
de photographes. HCB y donne notamment cette définition : "Une
photographie est pour moi la reconnaissance simultanée, dans une fraction de
seconde, d'une part, de la signification d'un fait, et de l'autre, d'une organisation
rigoureuse des formes perçues visuellement qui expriment ce fait. La meilleure
application de cette définition est sans doute l'image d'un piéton, le pied
suspendu au-dessus d'une flaque d'eau, près de la gare Saint-Lazare. J'ai juste
eu le temps de placer l'objectif à travers deux planches de bois. J'ai recadré
un peu sur les côtés pour enlever le flou sur les palissades."
C'est le goût pour la vie et l'aventure qui l'amène au procédé photographique.
Il l'utilise comme un carnet de notes, un journal de bord. "La photo
m'a permis de mener la vie que j'avais choisie. J'avais une grande curiosité
du monde. Dans ces années-là, on ne pense pas à quel moment on prend une photo.
On pense à vivre ! Quand je voyageais, je ne dessinais pas. Il faut le
calme pour le dessin. La vie n'était pas calme. En France, je fréquentais les
bordels, pas les salons mondains. Les bordels, c'était pour la conversation ;
pas pour la photographie. La vie était là, pas chez les notables. Je me souviens
des coussins rouges du bordel de la rue des Moulins, celui de Toulouse-Lautrec.
Ma mère me disait juste : "Ha ! Si tu avais eu un bon confesseur
dominicain.""
Entre 1931 et 1936, Cartier-Bresson parcourt le monde. "Je
ne voyageais pas, j'habitais dans des pays. Un an en Afrique, un au Mexique,
trois en Asie, cinq en Amérique. J'ai horreur du tourisme. J'aime la lenteur.
Les photographes ne sont pas des chevaux de course." Un célèbre instantané
à Bruxelles, en 1932, montrant deux personnages essayant d'attraper les miettes
d'un spectacle à travers les trous d'une toile tendue, dit justement dans quel
"climat" il photographie. "J'ai aidé un prince russe à divorcer
à Bruxelles. J'étais son témoin. On a voyagé ensemble. Et j'ai fait cette photo.
Je ne suis pas professionnel. Je pars faire une chose, j'en profite pour en
faire une autre."
Après une déception amoureuse, il part seul pour la Côte d'Ivoire ?
en 1931. Il dit y avoir chassé l'hippopotame, vendu sa viande.Le livre De qui
s'agit-il ? présente, pour la première fois, quatre images africaines.
Non des fauves, mais des portraits d'Africains. Ou plutôt des instantanés
avec des figures humaines. Une esthétique se met en place. "J'avais
un petit appareil 6 × 9. J'ai fait quelques photos, le reste de la
pellicule a été rongé par l'humidité. Je privilégie les gens sur les images.
Mais qu'est-ce qui peut m'intéresser d'autre ?"
Puis c'est la traversée de l'Europe : Allemagne, Hongrie, Pologne,
Italie, Espagne..., souvent dans la Buick de l'écrivain André Pieyre de Mandiargues,
son ami d'enfance, et avec la peintre Leonor Fini. Trio brûlant. "André
était un magnifique compagnon de voyage. Je prenais des photos, il écrivait.
Et j'ai encore sur le corps les traces des coups de griffe de Leonor Fini."
Dans Un Saturne gai, Mandiargues raconte qu'ils essayaient d'"apprendre
à regarder, pour apprendre à vivre". Sur une photo, Mandiargues semble
s'accoupler à Fini dans la Méditerranée. Une autre image montre le corps de
Fini dans la mer, le sexe épilé. "J'ai eu des problèmes avec cette photo
aux Etats-Unis." Une troisième est un autoportrait stupéfiant, qui
ne fixe que son corps, à la fois vibrant et abandonné, sur un muret. "Je
voyageais aussi beaucoup à pied. J'ai dû faire Milan-Bologne en marchant. C'est
déterminant. La photo se fait à pied. Cela permet d'être disponible, de ne rien
bousculer, de voir."
L'Espagne et le Mexique voient s'accumuler des chefs-d'œuvre fulgurants.
Il s'arrête sur une photo de deux lesbiennes enlacées, à Mexico, en 1934. "J'avais
une dysenterie amibienne, mais... que dire de cette photo... C'est la vie de
tous les jours. Il faut garder des secrets. Il n'y a rien à savoir et tout à
deviner. Je n'aime pas les oui et les non, il n'y a que les puritains qui aiment
les oui et les non." Pour beaucoup, ces longs voyages, au cours desquels
HCB privilégie les gens en marge, dans la rue - "la vie était là"-,
baignant dans un mystère surréalisant, constituent la période la plus libre
et féconde de Cartier-Bresson. "C'est le même homme", balaie
le photographe, qui ajoute : "Avec ma gueule d'Anglo-Saxon, je
sais néanmoins plus facile pour moi de photographier les pays latins."
A la fin des années 1930, un autre Cartier-Bresson se dessine, "toujours
un amateur, mais plus un dilettante". Il rentre en France,
répond à des commandes, devient assistant de Renoir, réalise des films
documentaires. Il rencontre Robert Capa et Chim Seymour - "La
photo est un truc de Hongrois" -, deviennent ensemble "pigistes
de luxe" à Ce soir, quotidien du Parti communiste dirigé
par Aragon. C'est à l'aube de la guerre qu'il fixe une scène naturaliste,
Les Bords de la Marne, en 1939 : "La légende est
fausse, c'est un trou d'eau à Juvisy. Vous savez, les lieux, les dates,
ça n'a pas d'importance. Le regard ne se résume pas à une légende. Les
surréalistes en savaient quelque chose. Ce qui compte, c'est que, visuellement,
la photo tienne le coup." On lui rappelle une formule de Virginia
Woolf : "Les faits empêchent de voir la vérité."Il
acquiesce : "C'est exactement ça."
Après la guerre, le "professionnel" s'affirme en créant
Magnum avec, notamment, Robert Capa, Chim Seymour et George Rodger. Cette agence
servira d'intermédiaire entre la presse et les photographes afin de libérer
le travail de ces derniers. "Chim était mon ami, le penseur, même si
on faisait tous tourner la boutique. Capa était l'aventurier. On a créé Magnum
après des discussions passionnées au Dôme. Je me souviens d'une bagarre. Le
patron gueulait : "Cassez les tasses et sauvez les soucoupes !"
La note se calculait au nombre de soucoupes entassées. On était très différents,
mais on s'entendait bien."Les photographes de Magnum se répartissent
le monde, HCB s'empare de l'Asie. Comment ne pas remarquer qu'il est souvent
au bon endroit ? Entrée de Mao à Pékin, mort de Gandhi, indépendance de
l'Indonésie. Il est aussi le premier photographe admis en URSS, en 1954, après
la détente. "Je ne me sens pas un reporter. Ça fait cafardeur."
En Chine notamment, il travaille aussi en couleurs. "Je n'ai jamais
vu une photo en couleurs qui me touche. Ça ne m'intéresse pas. C'est du coloriage
que je publiais dans Paris Match."
Sur les Etats-Unis, il a une opinion partagée. "J'y ai découvert
la solitude. J'y ai pris une photo d'un homme au sol ; autour de lui, on
ne sait pas s'il s'agit de sang ou de bière. J'y ai vu des femmes qui parlaient
de leur mari comme d'un provider - un fournisseur. Quand j'y suis allé la
première fois, en 1935, on ne parlait pas encore de technoscience et de toutes
ces saletés. C'était le seul pays où on pouvait sortir en tête-à-tête avec une
fille sans sa mère qui faisait tapisserie." Mais l'Amérique est aussi le
premier pays où il a été consacré, par des personnalités immenses comme le galeriste
Julien Levy ou le critique Lincoln Kirstein. Il a même bénéficié, en 1947, d'une
exposition au Musée d'art moderne de New York, dite posthume parce que les animateurs
de ce musée, un temps, le croyaient mort pendant la guerre. "Je dois
énormément aux Etats-Unis, beaucoup moins à la France."
Cartier-Bresson, aujourd'hui, prend encore des portraits et paysages,
deux genres éminemment picturaux. Son glissement vers le dessin, ses déclarations
mitigées envers la photographie coexistant avec son affirmation de ce qu'est
une bonne ou une mauvaise image, le fait d'avoir toujours méprisé les tirages
originaux, mais d'en exposer aujourd'hui à la BNF, tout cela agace fortement
nombre de photographes. HCB ne respecterait pas un art qui l'a fait roi. Il
s'emporte : "Je ne suis responsable de rien ! Ça veut dire
quoi ? Chacun est libre ! On est responsable vis-à-vis de soi-même.
Une éthique, c'est une façon de se comporter. Les autres photographes ont besoin
de se valoriser ? Une connerie ! Ce que le photographe reçoit dépend
de ce qu'il a à donner."
Propos recueillis par Michel Guerrin
• ARTICLE PARU DANS LE JOURNAL
LE MONDE DU 27.04.03
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