Il
était une fois, Chanteloup....
Plus
probablement "canton du loup" que "chant du loup" ou CantuLupi
(Chien loup) ou chantealoup (chant de l'alouette) ou encore
canteleu (pierre levée), Cantu Lupi (Chanteloup) n'a guère
d'histoire officielle jusqu'au XIIe siècle qui vit l'érection
de l'église primitive connue dès 1195. La paroisse ne date que du XIIIe
siècle. En 1789, le village fait partie de l’élection et de la généralité de Paris. Il est régit par la coutume de Paris. L’église paroissiale, dédiée au saint Sauveur, appartient au diocèse de Paris.
La fête patronale Saint-Eutrope, le 30 avril, a été reportée au premier dimanche de mai. C’est la fête du patron du pays et non de l’église. Les jeunes gens de 16 ans étaient "reçus garçons". Il y avait une grande messe, pain bénit et cortège pour aller l’offrir aux notables. Un biscuit de Savoie, piquée de fleurs naturelles, était réservé au châtelain. Un "bouquet des gars" , payé par la munificence du châtelain et des notables en échange du pain bénit, se déroulait ensuite. Puis, après, on faisait deux ou trois fois le tour du village avant de se retrouver, le soir, au bal.
L’église conserve une statue en pierre polychrome du XVe siècle récemment restaurée. L’édifice actuel, encore en mauvais état il y a quelques années, restauré complètement au XVIIIe siècle, a fait l’objet, en 1987, d’un complet ravalement extérieur et de la réfection totale de la couverture ainsi que d’une rénovation intérieure méticuleuse et bénévole. Depuis, Nicole Michigan, artiste peintre de renom, y a réalisé des fresques liturgiques sur le thème central de la "Transfiguration ". On y trouve aussi une autre curiosité principale de grande valeur : la cloche du XIIIe siècle, la plus ancienne du département, classée monument historique. Sur celle-ci, on peut lire une inscription en lettres gothiques "EGO VOCOR PETRVS MILES DE CHANTV LVPI ", qui peut se traduire par "Moi, je m’appelle Pierre, chevalier de Chanteloup ". Le château de Fontenelle existait déjà au XIIIe siècle. C’était alors un fief dépendant, comme le village, de l’abbaye de Lagny. En 1500, Nicolas de Neuviel Sentifer est qualifié seigneur de D’heuil et de Fontenelle. Il y a deux siècles, ce lieu appartenait à M. de Valence, conseiller au Parlement. En 1785, il passa à François Lory, contrôleur des guerres de la maison du Roy, régiment des gardes suisses, mort en 1817 à Fontenelle. Les derniers maîtres du château furent les familles de Junquières et celle du célèbre photographe Cartier-Bresson. Le château actuel fut reconstruit au siècle dernier.
Le bois de Chigny (dont le nom vient, par altération, de chêne) servit de toile de fond à ces deux édifices et fut victime, durant de nombreuses décennies, de sévères défrichements.
Outre le château de Fontenelle et Le Louvard, il y a également un château situé au rond-point du bois de Chigny qui fut, en 1900, une maison de santé. En 1930, Chanteloup dénombre 191 habitants. Le village est desservi par le train de Lagny à Mortcerf (marchandises seulement) et par l’autobus qui effectue le même trajet (route de Provins). Un autre train (1872-1954) traverse le village (route de la Ferme-du-Pavillon) pour transporter les betteraves de Chessy à la râperie de la Jonchère. Cette dernière sera désaffectée en 1964. Le dénombrement de 1709 compte 92 habitants, celui de 1745, 108. Curieusement, on n’en compte plus que 88 en 1801. En nombre croissant, la population de Chanteloup dépasse aujourd’hui un peu plus de 2 000 habitants.
La commune s’est distinguée de l’urbanisation de l’Ile-de-France. En préservant " son poumon vert " représenté par les 70 hectares du bois de Chigny, en créant un centre de village autour de l’église, de la mairie, en conservant le plus fidèlement possible le style briard. Elle a su maintenir le caractère rural d’un village bien que faisant partie intégrante du périmètre de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée. L’urbanisation nouvelle s’est faite avec sagesse et raison. La commune a connu une réelle croissance en 1960 avec la construction du lotissement "Mulot" comprenant 70 maisons. Les ZAC du Bois-de-Chigny, du Village, du Moulin-Bourcier, le lotissement de la Gondoire, le Parc d’activités du Gasset, le centre-village avec ses commerces sont des réalisations que beaucoup de communes envient. Elles sont souvent montrées en exemple. Cette urbanisation permet de dénombrer aujourd’hui une soixantaine d’entreprises, artisans et commerces employant plus de 300 salariés. Cette évolution d’activités devra se développer encore dans un très proche avenir par la création d’un parc d’activités de 30 hectares le long de la D 23 1 (route de Provins). La vie associative intense et variée permet aux nouveaux habitants de se rattacher à un village qui devient leur village et de se fondre avec les anciens habitants dans le creuset chanteloupien. |