Le peintre : Van Dongen
Le photographe : Henri Cartier-Bresson
Un peintre : Kees Van
Dongen
Connaissez-vous "Le Louvard" à Chanteloup-en-Brie ?
"Une
folie d'une élégante architecture" ainsi le décrit un grand peintre.
Un peintre que vous auriez pu rencontrer puisqu'il est mort en 1968,
il n'y a pas si longtemps. Ce peintre, séduit par cette demeure au charme
discret et à la sobre élégance, l'acheta en 1921 et y vécut jusqu'en
1932. Cet artiste de renom fut le grand portraitiste du Tout-Paris et
un paysagiste de talent. Il s'agit de Kees Van Dongen.
Essayons de mieux connaître celui qui a immortalisé Chanteloup et "Le
Louvard" par des oeuvres exposées dans de grands musées ou appartenant
à des collectionneurs réputés.
Van Dongen est né en Hollande en 1877. Il arrive à Paris, il a 20 ans
et découvre la ville des peintres, sculpteurs, musiciens et artistes
en tous genres. La première présentation de ses oeuvres a lieu en 1904,
chez Volland grand marchand d'oeuvres d'art. Quatre ans plus tard, la
célèbre galerie Berheim Jeune expose ses toiles et lui signe un contrat,
un an avant de signer avec un certain Matisse qui deviendra le grand
Matisse. C'est une référence !
Puis Van Dongen, Matisse, Vlaminck, Signac, Cézanne (qui lui, suivra
sa propre voie parallèle) créent un style nouveau : le fauvisme.
Le peintre exprime ses sensations et ses émotions face au monde en exaltant
les couleurs.
Van Dongen est le peintre de l'élégance et de la mode entre les deux
guerres. Il vit intensément la folle époque artistique du Montmartre
et du Montparnasse d'alors. Vlaminck dira de lui :
"Il a été l'historiographe de tout le dévergondage cynique
d'après la victoire."
C'est le temps de l'École de Paris qui, pendant vingt ans, attire peintres
et sculpteurs de toute l'Europe.
Le peintre a besoin de repos et d'air pur. Il achète le Louvard en
1921.
Plusieurs tableaux immortalisent la demeure :
"Le Pique-nique au Louvard"
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"Le pigeonnier du Louvard".
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Ses journées se passent en longues promenades dans la campagne avec
ses carnets de croquis. C'est "Le Retour à la terre".
En 1924, il se fait naturaliser Français.
En 1932, Van Dongen offre le Louvard à son amie Jasmy, son modèle particulier.
Beau cadeau de rupture, non ?
Après la guerre de 39-45, son talent s'exerce davantage sur les portraits
(une centaine). Parmi eux, citons le portrait de Maurice CH EVALIER
et plus tard celui de Brigitte Bardot.
1949 est l'année de sa consécration. La célèbre galerie Charpentier
regroupe 250 toiles dans une belle rétrospective. Lui rendent également
hommage en 1949, Rotterdam et Amsterdam ; en 1951, Nice ; en 1959, Genève
; en 1964, Lyon et 1976, Paris.
Van Dongen nous quitte alors. Nous sommes le 28 mai 1968.
Les grands musées internationaux ont tous des toiles du maître. Le Japon
a ouvert à Tokyo le "Museum Art Foundation - École de Paris".
Van Dongen a laissé son art et son génie en héritage au monde entier.
Il a fait un immense honneur à un petit village de Seine-et-Marne en
l'immortalisant par des oeuvres : "Chanteloup" et "Le Louvard". Elles
appartiennent à l'art international.
Van Dongen fut séduit par notre village. Il y vécut de nombreuses années.
Nous devons lui rendre hommage en continuant d'être un village où il
fait bon vivre.
Qu'en pensez-vous, maître Van Dongen ?
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Un
photographe : Henri Cartier-Bresson
Chanteloup
a été le refuge de calme et de sérénité de Van Dongen pendant de nombreuses
années. Chanteloup est aussi le village où un non moins illustre personnage
a vu le jour : Henri Cartier-Bresson, peintre-dessinateur, cinéaste
et surtout photographe.
La
famille Cartier-Bresson est déjà renommée lorsqu'il naît à Chanteloup,
au château de Fontenelle, le 22 août 1908. Elle dirige une des premières
grosses entreprises de dimensions vraiment industrielles installée à
Pantin en 1859 : la Société Française des Cotons à Coudre, plus connue
sous le nom d'usine Cartier-Bresson. Cette usine emploie 450 personnes
et fabrique des cotons à coudre, à broder, à repriser, à tricoter, des
lacets... Henri Cartier-Bresson fait ses études secondaires au lycée
Condorcet. Il est tout d'abord passionné par les peintres surréalistes
et passe deux ans chez André Lhote, peintre cubiste en 1927 et 1928,
pour apprendre la peinture. A cette époque, la peinture est son obsession
et la photographie un carnet de croquis, des dessins immédiats.
En 1930, il voit la photo du Hongrois Muncaksi : des enfants
noirs vus de dos, les bras en crabesque face à la vague énorme d'une
plage d'Afrique occidentale. Cette photo dégage une telle intensité
de vie que c'est pour Cartier-Bresson la révélation. La photographie
sera pour lui une manière de vivre intensément.
En 1932, il expose ses premières photographies à la galerie Julien
Lévy à New-York. Il part deux ans plus tard au Mexique et expose au
Palacio de Bellas Artes de Mexico. En 1937, il vit aux États-Unis et
s'initie avec Paul Strand au cinéma, mais il ne photographie pas. De
1936 jusqu'en 1939, il est second assistant de Renoir metteur en scène
et il réalise un documentaire "Victoire de la vie" sur les hôpitaux
de l'Espagne républicaine. Mais il savait qu'il ne serait pas metteur
en scène, il n'avait, disait-il, pas d'imagination.
Il est fait prisonnier et réussit à s'évader après deux tentatives infructueuses.
Après la
guerre, une exposition posthume lui est consacrée à New-York par le
modern Art. Les organisateurs avaient appris qu'il avait été tué. Quand
ils ont su qu'il était vivant ils ont eu la gentillesse de ne pas annuler
l'exposition.
Cartier-Bresson a été en effet découvert aux États-Unis. Les Américains
n'ayant pas de traditions picturales, se sont passionnés pour le procédé
le plus pratique de l'époque, celui de Daguerre et ils se sont littéralement
jetés sur la photographie. Pour eux, elle est un message, une information
à part entière.
Cartier-Bresson pressent cette nouvelle forme de l'information communiquée
par la photographie et fonde en 1947 avec
Robert Capa, David Seymour et George Rodger, l'agence Coopérative
Magnum.
De 1948 à 1954, il parcourt le monde. Il se trouve en Inde lors
de la mort de Gandhi, va en Birmanie, au Pakistan, en Chine au moment
de la Révolution. Il est le premier photographe admis en URSS.
Il fait une halte en 1955 pour présenter au Musée des Arts Décoratifs,
à Paris, 400 photographies qui circulent ensuite dans les grandes métropoles
d'Europe, des États-Unis du Canada et du Japon.
Il repart en 1958 et continue son tour du monde. Il présente sa deuxième
rétrospective à Tokyo ensuite à Paris et dans les grandes capitales
d'Europe.
En 1956, il se sépare de l'agence Magnum qui conserve l'exploitation
de ses archives.
Se succédent ensuite de nombreuses expositions.
En 1974, il se consacre définitivement au dessin.
En 1995, Flammarion publie un ouvrage de son oeuvre, "l'art
sans art" par Jean-Pierre Montier, qui recevra le prix Nadar.
Le
3 août 2004, Henri Cartier-Bresson est décédé
à l'âge de 95 ans dans sa maison "Le Claux" à
Céreste (Alpes-de-Haute-Provence).
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